ÉTATS GÉNÉRAUX DU DOCUMENTAIRE À LUSSAS

Par Juliette Achard et Ian Menoyot


En août 2014, aux Etats Généraux du Documentaire à Lussas, nous assistons à une séance qui réunit Retour à la rue d'Eole de Maria Kourkouta et La Pierre triste de Filippos Koutsafkis. Les deux films ont en commun un travail de palimpseste : Maria Kourkouta puise dans le cinéma populaire grec des années cinquante et soixante tandis que Filippos Koutsafkis fait un montage de ses archives personnelles tournées en 16mm pendant une dizaine d'années à Eleusis (banlieue d’Athènes), où les chantiers pour la transformation de la ville donnèrent lieu à des fouilles archéologiques. La proximité des deux films surprend d'autant plus que leurs formes divergent. Le premier est un film de collage composé de citations d'images et de textes ; le second documente une disparition à l'oeuvre dans un journal au long cours. L'un et l'autre ramènent au présent les ruines d'un monde qui persiste sous des couches d'oubli.